b-bloquants |
| Créé le 15/07/1999 |
Auteur : A. Taytard |
(Mis à jour le 02/05/2008) |
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Les b-bloquants sont des
molécules essentielles dans le traitement de l'HTA, l'insuffisance cardiaque et
les coronaropathies, les troubles du rythme ; l'effet est démontré sur la survie
de ces malades.
On les utilise aussi en ophtalmologie pour traiter les glaucomes à angle
ouvert, en endocrinologie pour l'hyperthyroïdie, en gastro-entérologie pour
les varices œsophagiennes et en neurologie pour les migraines et les
tremblements essentiels.
Ils sont aujourd'hui contre-indiqués dans les bronchopathies chroniques avec
réversibilité, asthme et BPCO.
La prévalence de ces différentes pathologies augmentant avec l'âge, le
risque, pour le médecin, de devoir choisir entre des effets attendus très
importants et des effets secondaires non négligeables augmente.
PHYSIOPATHOLOGIE
Inhibiteurs compétitifs des cathécholamines
sur les récepteurs
b1
et
b2
Plus le rapport du blocage
b1/b2
est important, plus le
b-bloquant
est cardio-sélectif ; mais il n'y a pas de
b-bloquants
cardio-sélectifs purs.
On distingue aussi des b-bloquants
avec ou sans activité sympathomimétique intrinsèque.
b-BLOQUANTS
(tableau
non exhaustif)
| NCS |
CS |
| sans ASI |
avec ASI |
sans ASI |
avec ASI |
| Propanolol (AVLOCARDYL®) |
Pindolol |
Aténolol ++ (TENORMINE®) |
Céliprolol
++ (CELECTOL®)
(+ effet a-bloquant) |
| Timolol |
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Métoprolol (LOPRESSOR®
; SELOKEN®) |
Acébutolol + (SECTRAL®) |
| Sotalol (SOTALEX®) |
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Bisoprolol ++ (DETENSIEL®) |
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| NCS
: non cardio-sélectif ; CS : cardio-sélectif ; + : CS faible ; ++ : CS
moyenne ; +++ : CS forte ; ASI : activité sympathomimétique
intrinsèque |
CONTRE-INDICATIONS (selon les AMM)
absolue
: CS sans ASI et acébutolol dans l'asthme et les bronchopneumopathies
chroniques
obstructives, dans leurs formes sévères.
Mises en garde (selon les AMM)
les
bêtabloquants ne peuvent être administrés qu'en cas
de formes légères en choisissant un bêta-1 sélectif à posologie
initiale faible. Il est recommandé de faire pratiquer des épreuves
fonctionnelles respiratoires avant la mise en route du traitement.
En cas de crise survenant sous traitement, on pourra utiliser des bronchodilatateurs
bêtamimétiques.
Cas particulier du Céliprolol (selon l'AMM)
aucune
contre-indication ;
asthme
et bronchopneumopathies chroniques obstructives : du fait de ses propriétés
bêta-1 bloquant sélectif et bêta-2 agoniste, le céliprolol
peut être administré avec prudence chez le patient asthmatique en
dehors des poussées et chez le patient bronchitique chronique bien équilibré.
EFFETS SECONDAIRES
bronchoconstriction
difficulté potentielle
de
traitement d'un malade lors d'un bronchospasme
Certains
b-bloquants
(alprénolol ; métoprolol ; propanolol) ont un métabolisme hépatique qui peut
être accéléré par les inducteurs enzymatiques (rifampicine)
Les béta-bloquants dans l'asthme
et les BPCO
Compte tenu de leurs indications,
ces médicaments sont très souvent prescrits, surtout aux adultes au-delà de
50 ans, chez lesquels se recrute le plus grand nombre de malades atteints
simultanément de BPCO ou d'asthme ancien et sévère.
Or, dans l'asthme et, à un moindre degré, dans les BPCO, les
b2-agonistes
sont souvent nécessaires.
Méta-analyse
(Salpeter, 2002)
29 études entre 1972 et 1994, la plupart dans les années 80.
Chez des BPCO et asthme légers à modérés (VEMS > 1,8L), réversibilité
> 15 %, plutôt jeunes (19-65 ans), hors période d'exacerbation, les
b-bloquants
cardio-sélectifs, comparés aux placebos :
en
dose unique : en moyenne, chute du VEMS 7,5 % ; réversibilité après
b2-agonistes
4,6 %.
en
traitement prolongé : pas de changement du VEMS, des symptômes ou du recours
aux bronchodilatateurs ; la réponse aux b2-agonistes
est conservée. Les b-bloquants
avec activité sympathomimétique intrinsèque réduisent la réponse aux
b2-agonistes.
Ce résultat ne semble pas différent pour les BPCO sévères (VEMS < 1,4L ou
< 50 % théorique).
Au-delà de leur tolérance, la question se pose aujourd'hui de leur utilité dans le traitement de l'asthme, comme dans l'insuffisance cardiaque où ils ont été longtemps contre-indiqués (Lipworth, 2009).
En traitement prolongé, ils induisent une up-régulation des récepteurs b2-agonistes. Sur un modèle murin, on a montré qu'ils induisaient une bronchoprotection contre la stimulation à la métacholine, accompagnée d'une réduction de l'inflammation et de l'hyperplasie muqueuse (Nguyen, 2008).
On a aussi pu montrer, chez des asthmatiques légers, qu'ils amélioraient l'hyper-réactivité bronchique à un niveau équivalent à celui obtenu avec des corticoïdes inhalés ou des bronchodilatateurs b2-agonistes longue action (Hanania, 2008).
Leur co-administration avec des anticholinergiques longue action, susceptibles d'inhiber la bronchoconstriction induite par le b-bloquant, pourrait être intéressante à tester (Ind, 1989).
Il est possible que les béta-bloquants réduisent la mortalité et le nombre d'exacerbations des patients BPCO (Rutten, 2010)
Réf
:
Dransfield MT, Rowe SM, Johnson JE, Bailey WC, Gerard LB. Use of beta blockers
and the risk of death in hospitalized patients with acute exacerbations
of COPD. Thorax 2008;63:301-5
Lipworth B, Williamson PA. b-blockers for asthma: a double-edged sword. Lancet 2009;373:104-5
Rutten FH, Zuithoff NP, Hak E, Grobbee DE, Hoes AW. Beta-blockers may reduce mortality and risk of exacerbations in patients with chronic obstructive pulmonary disease. Arch Intern Med 2010;170:880-7
Salpeter S,
Ormiston T, Salpeter E. Cardioselective beta-blockers for
reversible airway disease. Cochrane Database Syst Rev 2002;(4):CD002992
Salpeter SR,
Ormiston TM, Salpeter EE, Poole PJ, Cates CJ. Cardioselective
beta-blockers for chronic obstructive pulmonary disease: a meta-analysis. Respir
Med 2003;97:1094-101 |
En
pratique
Les b-bloquants
réduisent la mortalité des maladies cardio-vasculaires pour lesquelles ils
sont prescrits 
le
b-bloquant
est il nécessaire ? Si oui,
vérifier
l'état de la fonction respiratoire
EFR avec test de réversibilité
diagnostic de la BPCO et de sa sévérité
tester
l'efficacité des anticholinergiques sur la fonction respiratoire,
préférer
le céliprolol (selon les critères de l'AMM)
commencer
par une dose faible, surveiller l'évolution puis monter progressivement à la
dose souhaitée,
surveillance
attentive du malade informé.
La
mortalité intra-hospitalière pour exacerbation de BPCO semble
plus faible chez les malades prenant des b-bloquants
(Dransfield, 2008) ; mais il n'est pas certain que l'excès relatif de mortalité
des patients sans b-bloquant
pendant l'hospitalisation ne soit pas dû à l'arrêt du traitement b-bloquant lors
de l'admission pour cause de BPCO non équilibrée.
Les béta-bloquants dans
le syndrome des apnées du sommeil
Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données publiées dans ce texte.
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