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Cellules dendritiques

Créé le 15/05/2003 Auteur : AB. Tonnel (Mis à jour le 13/08/2008)
Révisé le 07/08/2008    
     

Sommaire

  • Les étapes d'intervention de la cellule denditrique dans la réponse immune ou allergique (CD)
  • Le rôle des CDs dans les maladies allergiques

L'air inspiré contient des aérocontaminants allergéniques que le système immunitaire doit classer pour les traiter efficacement. Les cellules dendritiques (CD) jouent un rôle essentiel dans ce processus.
Décrites il y a plus de 20 ans par STEINMAN, elles sont présentes dans tout l'organisme mais prédominent largement dans la peau (où elles portent le nom de cellules de Langerhans), les muqueuses (du nez, des bronches et du tube digestif…), mais aussi dans les tissus interstitiels. 
Dans l'appareil respiratoire on les trouve sous l'épithélium des voies aériennes et sous la membrane basale, dans le poumon et la plèvre.
Leur taux de renouvellement peut s'accélérer rapidement après stimulation par des agents pro-inflammatoires (LPS).
Ce réseau cellulaire se développe après la naissance, et surtout dans les voies aériennes. Chez le  patient allergique, l’inhalation de l’allergène responsable accroit l’afflux des CD in situ.
Il est capable de capturer le ou les allergènes puis, en fonction du terrain et de l'environnement en cytokines (de type Th1 ou Th2) de favoriser soit le développement d'une réponse IgE spécifique ou à l'inverse, par la production privilégiée de l'interleukine 12, d'induire un processus tolérogène.

La cellule dendritique joue de ce fait un rôle-clé dans l'orientation de la réponse aux allergènes de l'environnement.
Elle capture l'antigène, l'apprête sous forme de peptides immunogènes et, après avoir migré sélectivement vers les zones lymphocytaires T des ganglions régionaux, engage la réponse immune par interaction avec le lymphocyte T
A l'inverse des autres cellules présentatrices d'antigène que constituent les monocytes, macrophages ou lymphocytes B, les cellules dendritiques ont la capacité d'induire la réponse immune primaire in vivo, puis de la réguler : elles méritent seules, le titre de cellules présentatrices d'antigène, professionnelles.
Les cellules dendritiques des voies aériennes ne sont donc pas cruciales seulement pour réguler le processus de sensibilisation à un allergène inhalé conduisant à l’allergie,  mais aussi pour contrôler la réaction inflammatoire.

I) LES ETAPES D'INTERVENTION DE LA CELLULE DENDRITIQUE DANS LA REPONSE IMMUNE OU ALLERGIQUE (CD)

1/ La première étape est la capture de l'antigène (allergène). 
Pour faciliter cette capture, la CD présente à sa surface des ”récepteurs de reconnaissance”
reconnaissance des antigènes bactériens par le CD14 qui reconnaît le LPS, par le mannose récepteur, qui intervient dans la capture de l'allergène majeur des acariens, le Der p 1.
récepteurs pour l'IgG ou l'IgE
récepteurs de l'immunité innée que sont les Toll-récepteurs

Après internalisation de l'antigène, la CD grâce à son équipement enzymatique le fragmente en petits peptides immunogènes et les charge sur les molécules néo-synthétisées du complexe majeur d'histocompatibilité de classe II. Le peptide immunogène couplé à la molécule MHC classe II peut alors interférer avec le récepteur du lymphocyte T.

2/ Ce dialogue CD-lymphocyte T s'effectue au niveau du ganglion drainant. 
Mais avant d'effectuer cette migration, la cellule doit maturer, exprimant toute une série de molécules dites co-stimulatrices comme le CD80 et CD86 (ou B7-1, B7-2) pour ne citer que les plus connues. 
La migration elle même se fait par un système complexe de chémokines et récepteurs de chémokines (CCR6, puis CCR7) qui permet à la CD, de se mobiliser sélectivement au travers des canalicules lymphatiques jusqu'au ganglion régional. 
Quand elles arrivent dans la zone cellulaire T du ganglion médiastinal transportant leur charge antigénique, les CD expriment un ensemble de molécules de co-stimulation et une forte charge de molécules du complexe majeur d’histocompatibilité de classe II.
C'est alors que se produit l'interaction entre CD porteuse du peptide et le TCR du lymphocyte T : il s'agit d'une interaction "cognate" c'est-à-dire exigeant un contact direct et étroit entre les 2 cellules.
Les CD provoquent une sensibilisation Th2 à l’allergène inhalé avec une réponse inflammatoire à éosinophiles, une hyperplasie des cellules caliciformes et une hyper-réactivité bronchique lors d’une nouvelle stimulation.

Les cellules T naïves ont besoin de cellules présentatrices d’antigènes mûres pour proliférer et acquérir une fonction effectrice Th2 en réponse à la rencontre d’un antigène.
La tolérance implique également le réseau de CD, provoquant une prolifération insuffisante de cellules T incapables de se différencier en cellules T effectrices et mourant.

Dans le cas de l’immunothérapie spécifique,  on observe  le développement  de CD tolérogèniques  (DCr) qui stimulent la population des T-régulateurs, eux-même producteurs d’IL10 et de TGFβ.

II) LE ROLE DES CDs DANS LES MALADIES ALLERGIQUES

Si l'individu a un terrain atopique la CD favorise le développement d'une réponse IgE spécifique. Elle joue de ce fait un rôle-clé dans l'orientation de la réponse aux allergènes de l'environnement.

Il semble que les CD elles-mêmes, sans exposition à l’allergène, puissent entretenir la réponse inflammatoire à éosinophiles ; ce pourrait être une explication à l’asthme intrinsèque.

Comprendre mieux le rôle de la CD dans l'initiation de la réponse allergique et en contrôler le fonctionnement constitue peut-être une méthode thérapeutique d'avenir.

Elles jouent par ailleurs un rôle important dans la défense anti-virale en initiant la réponse immunitaire.

Réf :
Deslee G, Hammad H, Ratackzak C, Just N, Tillie-Leblond I, Lebargy F, Pestel J, Tonnel AB. Implication des cellules dendritiques en pathologie respiratoire allergique. Rev Mal Respir 2004;21:549-55
Holt PG. Pulmonary dendritic cells in local immunity to inert and pathogenic antigens in the respiratory tract. Proc Am Thorac Soc 2005;2:116-20
Lambrecht BN. Dendritic cells and the regulation of the allergic immune response. Allergy 2005 ;60 :271-82

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