3 types de virus de la grippe : A, B, C |
Les virus B et C infectent l'homme et donnent les mêmes symptômes que le virus A, y compris quelques décès chaque année. Il existe des épidémies de taille variable avec le virus B ; les cas sont souvent sporadiques avec le virus C. |
Le virus A a un vaste réservoir naturel dans le gibier d'eau et les oiseaux de mer à partir desquels il infecte les volailles, les chevaux, les porcs et l'homme. |
Sa capacité à infecter les voies respiratoires chez l'homme et l'émergence périodique de nouveaux variants antigéniques provoquent des épidémies avec une forte morbidité et mortalité. |
Les virus A sont classés en sous-types en fonction de l'identité antigénique de 2 glycoprotéines : hémagglutinine (HA), neuraminidase (NA), avec de nombreuses combinaisons. |
L'émergence de nouveaux sous-types pandémiques peut se faire de 2 manières :
- virus aviaire infectant l'homme et devenant transmissible d'homme à homme ;
- acquisition d'une nouvelle antigénicité (réassortiment) par un virus saisonnier qui co-infecte une cellule avec soit un virus aviaire, soit un virus qui s'est adapté à un mammifère comme le porc.
Chaque nouveau virus se répand dans le monde et on observe une augmentation de la morbidité et de la mortalité, puis une baisse au fur et à mesure que la population acquiert une immunité.
L'hémagglutinine des virus H3N2 et H1N1 se lie préférentiellement aux voies respiratoires humaines provoquant, quelquefois, une pneumonie.
L'épidémie de H5N1 a montré que les virus aviaires pouvaient se lier non seulement à l'épithélium des cavités nasales mais aussi aux pneumocytes de type II et aux macrophages alvéolaires, à l'origine d'atteintes pulmonaires.
Alors que la plupart des virus aviaires ne donnent que des infections légères, voire pas de maladie du tout, le virus H5N1 est beaucoup plus virulent provoquant des pneumopathies sévères progressant rapidement vers un SDRA (syndrome de détresse respiratoire aiguë) et une défaillance multi-organes ; cela s'accompagne souvent de diarrhée et de signes neurologiques avec une réponse inflammatoire intense signe de la diffusoin de l'infection.
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| Clinique |
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Début brutal avec frissons, fièvre
> 38°C, courbatures, céphalées, myalgies |
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Signes
oculaires et rhinite |
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Toux
douloureuse ± expectoration muqueuse |
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Ronchi voire
sibilants |
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voir : pneumopathies (virale ± bactérienne) |
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Le virus grippal peut provoquer des atteintes pulmonaires sévères chez les très jeunes enfants, les personnes âgées, les immunodéprimés et les personnes atteintes de maladies cardio-pulmonaires ou d'autres maladies chroniques. |
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| Imagerie |
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Cliché
thoracique normal |
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| Diagnostics différentiels |
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autres virus (VRS,
adénovirus...), germes
intracellulaires (mycoplasme, chlamydia, coxiella)
dont les premières manifestations meuvent évoquer un syndrome grippal. |
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Contagiosité |
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contact
direct : mains, gouttes de salive (toux, éternuements) |
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débute 1 jour avant les
symptômes et dure pendant 4 jours |
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inhalation de 3
particules infectieuses peut provoquer un infection |
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jeunes
enfants, les plus sensibles à l'infection et à la dissémination |
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lorsqu'une
personne dans une famille est atteinte, 20 à 60 % des personnes exposées
ont l'infection |
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la
contagiosité
varie inversement au niveau d'immunité de la population |
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| Prévention :
vaccination |
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elle est le principal moyen de défense contre la grippe |
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sujets à risque, y compris les femmes enceintes |
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professionnels s'occupant de
ces personnes |
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professionnels de santé en
général |
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sans oublier les mesures d'hygiène pour interrompre ou réduire la dissémination : lavages des mains, port de masques (Jefferson, 2009) |
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| Traitement |
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symptomatique
d'abord : repos, antipyrétiques, anti-tussifs |
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antiviral
: inhibiteurs de la neuraminidase (oseltamivir : Tamifluâ ; zanamivir :
Relenzaâ) à débuter dans les 48h suivant le début des symptômes chez le patient à risque de grippe compliquée |
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Cibles du traitement anti-viral |
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liaison aux cellules cibles |
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anticorps bloquant la liaison du virus à la cellule cible : aucune immunoglobuline en usage clinique ; usage possible d'immunoglobulines humaines issues de patients convalescents ou vaccinés |
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passage du virus dans la cellule |
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blocage du canal ionique M2 (adamantanes : amantadine, rimantadine) : empêchent le relargage de segments de génome dans le cytoplasme cellulaire
utilisés pour prévenir ou diminuer la durée d'infections virales saisonnières non compliquées ; bénéfice inconnu dans les infections sévères
effets secondaires gastro-intestinaux et neurologiques
émergence rapide de virus résistants |
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transcription et réplication du génome |
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ribavirine (virazoleâ) : traitement de l'hépatite C avec l'INF-a ; en aérosol, traitement des infections à VRS du nouveau-né (risque de bronchospasmes) ; par voie intraveineuse, risque d'anémie hémolytique et risque tératogène interdisant son usage chez la femme enceinte
viramidine : prodrogue de la ribavirine ; activité similaire, moins toxique ; essais de phase III en cours dans l'hépatite C
T-705 : dérivé de la pyrazine ; inhibiteur de l'ARN viral ; essai de phase I en cours dans la grippe
autres approches : oligomères antisens (ADN) ; molécules interférant avec l'ARN
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assemblage et sortie des nouveaux virus |
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oseltamivir (tamifluâ) : inhibiteur de la neuraminidase ; recommandation OMS pour une forte suspicion d'infection H5N1 : 150 mg/j x 5 j et jusqu'à 300mg/j x 7 à 10 jours dans les cas sévères ; essai en cours pour comparer les régimes à dose standard ou forte dans la grippe saisonnière sévère et la grippe aviaire
émergence de virus résistants
zanamivir (relenzaâ) : inhibiteur de la neuraminidase ; en aérosol dans la grippe saisonnière chez le sujet sain ; intraveineuse, non testé à ce jour dans les grippes sévères ; essai de phase I comparant les pharmacocinétiques et les interactions des 2 formes
formes multimériques du zanamivir : inhibiteurs de 2ème génération en cours de développement
peramivir : inhibiteur de la neuraminidase ; demi-vie plus longue ; faible biodisponibilité par voie nasale ; essai de phase II d'une forme intra-veineuse contre la grippe saisonnière non compliquée ; essai contrôlé randomisé en cours comparant la forme intraveineuse pendant 5 jours à l'oseltamivir oral dans les grippes sévères
Les inhibiteurs de la neuraminidase sont la seule solution médicamenteuse accessible actuellement. |
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combinaisons |
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une seule étude chez l'homme comparant rimantadine plus zanamivir à rimantadine seule dans la grippe saisonnière sévère : effet virologique possible |
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| A lire : La grippe (Pr M Dupon) |
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