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Asthme
Facteurs neuropsychologiques

Créé le 12/07/2000 Auteur : A. Taytard (Mis à jour le 04/02/2006)
     
     

Sommaire

  • Les émotions
  • Le stress

Les émotions sont souvent évoquées comme facteur déclenchant des crises d'asthme. Mais, en réalité, elles modifient plus les symptômes subjectifs que les paramètres objectifs de l'asthme. En effet, les sujets inquiets de leur état respiratoire sont plus enclins à interpréter des sensations générales comme des symptômes de leur obstruction bronchique, ce qui les conduit à se sentir plus essoufflés alors que leur fonction respiratoire est peu modifiée.
Les émotions peuvent aussi provoquer une accélération importante de la respiration susceptible d'entraîner une contraction des bronches.
Elles peuvent enfin modifier la perception des symptômes par le malade et, de cette façon, la perception du besoin de recours au soin.

Une stimulation émotionnelle provoque une bronchoconstriction chez 15 à 30% des asthmatiques.

Les asthmatiques ont souvent des problèmes psychologiques associés à leur asthme ; on a expliqué ainsi une plus grande difficulté de gestion de l’asthme, de plus fortes doses de stéroïdes, des hospitalisations plus fréquentes ou plus prolongées, des gênes fonctionnelles plus grandes, une inobservance plus fréquente, une morbidité et une mortalité plus élevées.

Le stress, souvent évoqué par les malades, a plusieurs points d'impacts possibles sur l'asthme :

Stress et contrôle nerveux du calibre bronchique : le stress agit sur de nombreuses hormones, neurotransmetteurs et neuropeptides participant au contrôle du système nerveux autonome et de l’inflammation des voies aériennes ;

Stress et fonction immunitaire : le stress influence les migrations cellulaires et leur fonction (ex : lymphocytes et production de lymphokines) ;

Stress et infection : le stress, par son action sur l’immunité, peut diminuer les résistances de l’hôte aux agents infectieux. C'est particulièrement vrai pour les infections virales respiratoires hautes et dans le cas de stresseurs chroniques graves (relations interpersonnelles, chomage …). Il existe une relation dose-effet entre le stress psychologique et le risque de maladie infectieuse respiratoire aiguë ;

Stress et relations sociales : les supports et les réseaux sociaux peuvent réduire les effets directs du stress sur les fonctions biologiques et donc sur l’asthme ; ils facilitent la gestion de l’asthme et le coping général, ils réduisent les effets des stresseurs environnementaux ;

Stress environnemental et comportements de santé : le stress peut affecter les stratégies de prise en charge personnelle et l’observance du traitement.

Réf :
Wright RJ. et al : Review of psychosocial stress and asthma: an integrated biopsychosocial approach. Thorax 1998;53:1066-74
Cohen S. et al : Psychological stress and susceptibility to the common cold. N Eng J Med 1991;325:606-12
Cohen S. et al : Types of stressors that increase susceptibility to the common cold in healthy adults. Health Psychol 1998;17:214-23


A lire

- Application du modèle de la psychologie de la santé à l'asthme

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