Exacerbations de BPCO |
| Créé le 12/01/1998 |
Auteur : A. Taytard |
(Mis à jour le 12/10/2011) |
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I - Définitions
Consensus : Aggravation
prolongée de l'état d'un patient
atteint de BPCO, à partir de l'état stable et au-delà
des variations quotidiennes normales, d'apparition brutale et nécessitant
une modification du traitement habituel.
avantage
: bonne définition pour une étude portant sur l'ensemble d'une population
inconvénient
: difficile à appliquer à l'échelle individuelle
Infection :
environ 70 % des exacerbations sont de nature infectieuse bactérienne, virale ou mixte
Type-1 d'Anthonisen (la plus fréquemment utilisée pour définir une exacerbation, justifiant une antibiothérapie)
avantage
: définit bien une exacerbation nécessitant des antibiotiques
inconvénient
: n'est pas généralisable, en particulier aux malades nécessitant des
corticoïdes ou à ceux ne nécessitant pas d'antibiotiques (viroses)
Epidémiologie opérationnelle
: Toute aggravation des symptômes respiratoires qui nécessite
le recours à une corticothérapie orale, des antibiotiques ou les 2 et/ou une
hospitalisation due aux symptômes respiratoires.
avantage
: critère objectif ; bonne mesure de résultat d'un essai clinique ; cible les
exacerbations avec utilisation d'importantes ressources de soins
inconvénient
: varie d'une région à l'autre ; dépend de l'offre de soin ; peut varier dans
le temps avec les modifications des modes de prise en charge
Réf
:
Rodriguez-Roisin
R. Towards a consensus definition for COPD exacerbations. Chest 2000;117:398-401S
Vestbo
J. What is an exacerbation of COPD? Eur Respir Rev 2004;13: 6-13 |
Décompensation
: toute situation qui engage le pronostic vital
Plus la maladie de fond est sévère, plus le risque de décompensation grave, potentiellement mortelle, est élevé.
Comment évaluer l'effet d'une prise en charge ?
nombre
des exacerbations
sévérité
: traitement ambulatoire, urgences, hospitalisation, soins intensifs, besoin
d'une ventilation invasive ou pas
durée
de l'exacerbation
délai
jusqu'à la première exacerbation
II - Physiopathologie
des exacerbations
III -Facteurs
de risque d'exacerbations
IV -Conduite à tenir
générale
V
-Exacerbation
nécessitant une antibiothérapie (critères d'Anthonisen : origine bactérienne probable)
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Type-1 (3 critères majeurs) |
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apparition ou majoration d'une dyspnée (baisse de la tolérance à
l'effort) |
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augmentation du volume de l'expectoration |
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changement d'aspect
de l'expectoration devenant "purulente" (de jaune foncé à vert) ; plus le crachat est jaune foncé voire vert, plus la colonisation par un micro-organisme potentiellement pathogène est vraisemblable (Miratvilles, 2010 et 2011) sans que cela ne nécessite forcément une antibiothérapie (Butler, 2011) ; la couleur observée par le médecin est corrélée à la charge bactérienne de l'expectoration et au taux de C-reactive protéine ; la couleur rapportée par le malade ne l'est pas (Daniels, 2010) |
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Origine infectieuse très probable |
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Type-2 |
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2 des 3 facteurs présents |
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Type-3 |
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1 des 3 facteurs présents
+ au moins 1 des facteurs suivants |
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Infection des VAS dans
les 5 derniers jours |
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Fièvre sans autre cause |
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Sifflements plus
importants |
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Toux plus importante |
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Augmentation de 20 % des fréquences
respiratoires ou cardiaques |
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Les malades atteints de BPCO sévères victimes d'exacerbations infectieuses (près de 80 % des exacerbations) ont des hospitalisations plus longues et une atteinte plus profonde de la fonction respiratoire que les malades atteints d'exacerbations non infectieuses. La durée d'hospitalisation et l'atteinte de la fonction respiratoire sont encore plus importantes en cas de co-infection (virus-bactérie) (Papi, 2006). |
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Réf :
Butler CC, Kelly MJ, Hood K, Schaberg T, Melbye H, et al. Antibiotic prescribing for discoloured sputum in acute cough/lower respiratory tract infection. Eur Respir J 2011;38:119-25
Daniels JM, de Graaff CS, Vlaspolder F, Snijders D, Jansen HM, Boersma WG. Sputum colour reported by patients is not a reliable marker of the presence of bacteria in acute exacerbations of chronic obstructive pulmonary disease. Clin Microbiol Infect 2010;16:583-8
Miravitlles M, Marín A, Monsó E, Vilà S, de la Roza C, et al. Colour of sputum is a marker for bacterial colonisation in chronic obstructive pulmonary disease. Respir Res 2010;11:58
Miravitlles M, Kruesmann F, Haverstock D, Perroncel R, Choudhri SH, Arvis P. Sputum colour and bacteria in chronic bronchitis exacerbations: a pooled analysis. Eur Respir J 2011;Oct 27:Epub ahead of print
Papi A, Bellettato CM, Braccioni F, Romagnoli M, Casolari P et al. Infections and airway inflammation in chronic obstructive pulmonary disease severe exacerbations. Am J Respir Crit Care Med 2006;173:111-21 |
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Bactéries les plus fréquentes |
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H. Influenzae et parainfluenzae
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S.
Pneumoniae
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M. Catarrhalis
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| Difficile de distinguer |
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colonisation
chronique de la muqueuse - infection, d'autant plus que la différence
de concentration des souches entre l'état stable et l'exacerbation est faible
; on peut donc s'interroger sur le rôle de la charge bactérienne dans l'exacerbation
(Sethi, 2007) |
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bactérie : cause - conséquence d'une infection |
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Résultats de l'antibiothérapie |
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Groupe
Placebo
% (n) |
Groupe
TTT
% (n) |
| Succès |
55 (99) |
68,1 (124)° |
| Statut quo |
23,3 (42) |
18,7 (34) |
| Aggravation |
18,9 (34) |
9,9 (18)°° |
| Autre* |
2,9 (5) |
3,2 (6) |
* Détérioration en
moins de 72h quelle que soit la cause
° p < 0.01 ; °° p < 0.05 |
L'essentiel
de la différence est dû au type-1
En pratique, l'antibiothérapie, ajoutée au traitement recommandé des exacerbations de BPCO (corticoïdes systémiques, bronchodilatateurs), permet une guérison plus rapide (J10) ; la différence avec un placebo n'apparaît plus à J30.
Ce résultat paraît plus net dans les types I d'Anthonisen et chez les malades avec des CRP élevées (> 50 mg/mL) (Daniels, 2010).
Une
exacerbation avec hypersécrétion claire (mucoïde) et une atteinte des voies
aériennes supérieures, est plutôt liée à une infection virale, peu
sensible aux antibiotiques (Seemungal, 2001).
Mais la fièvre peut aussi être liée à une pneumopathie d'accompagnement.
Les exacerbations d'origine virale ont un délai de guérison plus long que les
exacerbations d'origine bactérienne.
Réf :
Daniels JM, Snijders D, de Graaff CS, Vlaspolder F, Jansen HM, Boersma WG. Antibiotics in addition to systemic corticosteroids for acute exacerbations of chronic obstructive pulmonary disease. Am J Respir Crit Care Med 2010;181:150-7 |
VI
- Traitement des exacerbations
Traitements
pharmacologiques
bronchodilatateurs en privilégiant la voie inhalée
corticoïdes
systémiques : ils réduisent significativement les échecs et le
besoin
de traitements médicaux complémentaires. Ils augmentent le taux
d’amélioration
de la fonction respiratoire et de la dyspnée sur les 72 heures, ils réduisent
les durées de séjour hospitalier, mais
avec
un risque augmenté d’effets secondaires (Davies, 1999 ; Wood-Baker, 2005).
0,5 mg/j de
prednisone
ou équivalent (en se limitant à la dose totale de 40mg/j)
semble être la dose optimale (Vondracek,
2006)
Ils peuvent être administrés per os ou IV (de Jong, 2007)
antibiotiques ; une procalcitonine < 0.1 µg/L autorise à ne pas prescrire d'antibiotiques ou à les arrêter s'ils ont été prescrits
stimulants
respiratoires ?
traitements
associés : équilibre hydro-électrolytique (attention aux diurétiques dont l'usage devrait être réservé à la rétention hydro-sodée et à l'hypervolémie),
nutrition (support nutritionnel en cas de dénutrition), traitements cardio-vasculaires
patients de plus de 40 ans, en cas d'hospitalisation prévue de plus de 3 jours prévention de la maladie thrombo-embolique veineuse par
HBPM ou Fondaparinux (grade A)
compression veineuse élastique (accord professionnel)
pour une durée de 7 à 14 jours (grade A)
Réf :
AFSAPS. Prévention et traitement de la maladie thromboembolique veineuse en médecine. Nov 2009 |
Traitements
non-pharmacologiques
oxygénothérapie, en étant attentif au risque de détresse respiratoire hypercapnique
ventilation
non invasive (invasive si nécessaire) avec une réévaluation clinique et gazométrique au bout de 1 à 2h
kinésithérapie
de drainage (Tang, 2010)
Retour à domicile
Il peut se faire précocement avec le soutien d'une
infirmière spécialisée dans les maladies respiratoires si
l'exacerbation n'a pas été compliquée
d'insuffisance respiratoire avec acidose ou d'autres problèmes
médicaux (Cotton, 2000).
| Réf :
Adams SG,
Melo J, Luther M, Anzueto A. Antibiotics are associated with
lower relapse rates in outpatients with acute exacerbations of COPD. Chest 2000;117:1345-52
Anthonisen NR
et al. Antibiotic therapy in exacerbations of chronic obstructive
pulmonary disease. Ann Intern Med 1987;106:196-204
Cotton MM, Bucknall CE, Dagg KD, Johnson MK, MacGregor G, Stewart
C, Stevenson RD . Early discharge for patients with exacerbations
of chronic obstructive pulmonary disease: a randomised controlled
trial. Thorax 2000;55:902-6
Davies L, Angus RM, Calverley PM . Oral corticosteroids in patients
admitted to hospital with exacerbations of chronic obstructive
pulmonary disease: a prospective randomised controlled trial. Lancet 1999;354:456-60
de
Jong YP, Uil SM, Grotjohan HP, Postma DS, Kerstjens HAM, van
den Berg JWK. Oral or IV Prednisolone in the Treatment of COPD
Exacerbations. A Randomized, Controlled, Double-blind Study. Chest 2007;132:1741-7
Quon BS, Qi Gan W, Sin DD . Contemporary Management of Acute Exacerbations
of COPD - A Systematic Review and Metaanalysis. Chest 2008;133:756-66
Rabbat A, Guetta A, Lorut C, Lefebvre A, Roche N, Huchon G. Prise en charge des exacerbations aiguës de BPCO. Rev Mal Respir 2010;27:939-53
Seemungal T,
Harper-Owen R, Bhowmik A, Moric I, Sanderson G, Message S, Maccallum
P, Meade TW, Jeffries DJ, Johnston SL, Wedzicha JA.. Respiratory
viruses, symptoms, and inflammatory markers in acute exacerbations
and stable chronic obstructive pulmonary disease. Am J
Respir Crit Care Med 2001;164:1618-23
Sethi
S, Sethi R, Eschberger K, Lobbins P, Cai X, Grant BJB, Murphy TF.
Airway bacterial concentrations and exacerbations of chronic
obstructive pulmonary disease. Am J Respir Crit Care Med 2007;176:356-61
Stockley RA,
O'Brien C, Pye A, Hill SL. Relationship of sputum color to
nature and outpatient management of acute exacerbations of COPD. Chest 2000;117:1638-45
Stockley RA,
Bayley D, Hill SL, Hill AT, Crooks S, Campbell EJ. Assessment
of airway neutrophils by sputum colour: correlation with airways
inflammation. Thorax 2001;56:366-72
Tang CY, Taylor NF, Blackstock FC. Chest physiotherapy for patients admitted to hospital with an acute exacerbation of chronic obstructive pulmonary disease (COPD): a systematic review. Physiotherapy 2010;96:1-13
Vondracek SF,
Hemstreet BA. Is there an optimal corticosteroid regimen for
the management of an acute exacerbation of chronic obstructive
pulmonary disease? Pharmacotherapy 2006;26:522-32
White AJ,
Gompertz S, Bayley DL, Hill SL, O'Brien C, Unsal I, Stockley
RA. Resolution of bronchial inflammation is related to bacterial
eradication following treatment of exacerbations of chronic bronchitis. Thorax 2003;58:680-5
Wood-Baker RR, Gibson PG, Hannay M, Walters FH, Walters JA. Systemic
corticosteroids for acute exacerbations of chronic obstructive
pulmonary disease. Cochrane Database Syst Rev 2005;1:CD001288
|
VII
- Contrôle à 4-6 semaines
après hospitalisation
(état stable)
|
Réf :
Seemungal TAR,
Donaldson GC, Bhowmik A, Jeffries DJ, Wedzicha JA. Time course
and recovery of exacerbations in patients with chronic obstructive
pulmonary disease. Am J Respir Crit Care Med 2000;161:1608-13
Woolhouse IS,
Hill SL, Stockley RA. Symptom resolution assessed using a
patient directed diary card during treatment of acute excerbations
of chronic bronchitis. Thorax 2001;56:947-53 |
VIII
- Prévention
des exacerbations
Vaccination
vaccination
anti-grippale :
elle est recommandée
du fait de la fréquence des infections virales
à l'origine des surinfections bronchiques.
vaccination
anti-pneumococcique
: elle est recommandée car
active sur les pneumocoques fréquemment rencontrés à
l'origine des surinfections bronchiques.
|
Réf :
Poole
P, Chacko E, Wood-Baker R, Cates C. Influenza vaccine for patients with
chronic obstructive pulmonary disease. Cochrane Database Syst Rev 2006;1:CD002733 |
Traitements pharmacologiques
bronchodilatateurs
corticoïdes
inhalés (quelquefois systémiques), qui semblent agir essentiellement lorsqu'existe
une inflammation bronchique à éosinophiles (Siva, 2007)
inhibiteurs des
phosphodiestérases
mucolytiques et
anti-oxydants
|
Réf :
Siva R, Green RH, Brightling CE, Shelley M, Hargadon B et al. Eosinophilic
airway inflammation and exacerbations of COPD: a randomised controlled
trial. Eur Respir J 2007;29:906-13
|
Traitements non pharmacologiques
oxygénothérapie
ventilation
non invasive
réhabilitation
respiratoire
chirurgie
Au total :
Traitement de fond des
BPCO
IX
- Impact
de l'exacerbation de BPCO
Progression
de la maladie
Leur fréquence accélère le déclin à long terme de la maladie
respiratoire (Donaldson, 2002).
6 arguments peuvent être retenus (Anzueto,
2007)
chute fonctionnelle
lente à se normaliser après l'exacerbation
persistance
de l'inflammation entre les exacerbations chez les "exacerbateurs fréquents"
augmentation du taux de neutrophiles dans l'expectoration dont on sait qu'il
est lié au déclin de la fonction respiratoire
charge bactérienne élevée dont on sait qu'elle est liée à une inflammation
plus importante et à un déclin fonctionnel plus rapide
augmentation
de l'excrétion urinaire de produits de la dégradation de l'élastine pulmonaire
(desmosine, isodesmosine)
corrélation
entre le nombre d"exacerbations et l'importance du développement de l'emphysème
à la TDM.
|
Réf :
Anzueto
A, Sethi S, Martinez FJ. Exacerbations of chronic obstructive pulmonary
disease. Proc Am Thorac Soc 2007;4:554-64
Donaldson
GC, Seemungal TAR, Bhowmik A, Wedzicha JA. Relationship between
exacerbation frequency and lung function decline in chronic obstructive
pulmonary disease. Thorax 2002;57:847-52 |
Morbidité
et mortalité
Le risque relatif (RR) de développer une
exacerbation en fonction de
âge : (< 65 ans : RR = 1 ; 65-75 ans : RR = 2,1 ; > 75
ans : RR = 3,4)
stade
GOLD : (I : RR = 1 ; II : RR = 3,1 ; III : RR = 4,1 ; IV : RR = 6,6)
présence d’une hypercapnie (RR = 1,6).
Le taux de mortalité au cours des hospitalisations pour exacerbation
de BPCO est estimé entre 2,5 et 10 %.
Le taux de mortalité après une hospitalisation est estimé
dans les 3 mois
entre
16 et 19 %,
à 12
mois entre 23 et 43 %,
à 5
ans de 55-60 %.
En classant les patients par stade GOLD, on retrouve
un taux de mortalité à 5 ans de 17 % pour les stades I, 42 % pour les stades
II,
49 % pour les stades III et 73 % pour les stades IV
Les causes de la mort étaient principalement leur BPCO dans 62 % des cas, puis
les maladies cardiovasculaires dans 19 % des cas, les infections dans 11 % des
cas, le cancer bronchique dans 4,5 % des cas et inconnue dans 3,5 % des cas (Sprooten,
2006).
Les taux de survie sont plus bas chez les hommes et les patients avec VEMS <
40 %.
|
Réf :
Jouneau
S. Exacerbations de la BPCO : facteurs prédictifs, biologie et devenir.
Rev Mal Respir 2006;23:15S32-15S36
Sprooten
RTM, Van Noord JA, Bindels HJC, Van Vliet M : Five-year follow-up after
hospitalisation for acute exacerbation of COPD. Proc Am Thorac Soc
2006;3:A272. |
Co-morbidités
Les co-morbidités sont relativement fréquentes dans la tranche
d'âge de découverte des BPCO.
Plusieurs d'entre elles sont liées au même facteur de risque (tabagisme).
Les cytokines relâchées dans les BPCO (CRP, IL-6, TNF-a)
jouent un rôle clé dans la pathogénie de la résistance à l'insuline et du
diabète de type-2.
L'incidence de l'infarctus du myocarde et d'un premier accident vasculaire
cérébral est plus élevée (3,1 et 2,6) dans les 3 jours d'une infection respiratoire.
La troponine 1 est souvent élevée pedant une exacerbation nécessitant une
hospitalisation, sans autre signe de syndrome coronarien, montrant qu'une
exacerbation aiguë a un effet délétère sur le muscle cardiaque.
L'élévation de la CRP est un facteur prédictif indépendant d'infarctus du
myocarde.
Etat de
santé
Il est lié à la fréquence des exacerbations autant qu'à la
sévérité de la BPCO.
L'exacerbation est
un
phénomène aigu
qui s'améliore en 6 à 7
jours,
une
phase de récupération qui peut prendre plusieurs
semaines (le Débit de Pointe n'est pas normalisé après 3 mois dans 7 % des
exacerbations ; dans 3 % des cas, la 2ème exacerbation arrive alors que le
malade ne s'est pas totalement sorti de la précédente).
Réf
:
Spencer S, Jones PW for the GLOBE Study Group. Time course of recovery of
health status following an infective exacerbation of chronic bronchitis. Thorax 2003;58:589-93 |
Coût
Les hospitalisations pour exacerbation représentent la part la plus
importante des coûts imputables aux BPCO (Miravitlles, 2003).
|
Réf :
Miravitlles
M, Murio C, Guerrero T, Gisbert R. Costs of chronic bronchitis and
COPD: a 1-year follow-up study. Chest 2003;123:784-91
|
Réf générales :
Celli BR, Barnes PJ. Exacerbations of chronic obstructive pulmonary disease. Eur Respir J 2007;29:1224-38
Jouneau
S. Exacerbations de la BPCO : facteurs prédictifs, biologie et devenir. Rev
Mal Respir 2006;23:15S32-15S36
Seemungal T, Harper-Owen R, Bhowmik A, Moric I, Sanderson G, Message S, Maccallum P,
Meade TW, Jeffries DJ, Johnston SL, Wedzicha JA.. Respiratory viruses,
symptoms, and inflammatory markers in acute exacerbations and stable
chronic obstructive pulmonary disease. Am J Respir Crit Care Med 2001;164:1618-23
Sprooten
RTM, Van Noord JA, Bindels HJC, Van Vliet M : Five-year follow-up after
hospitalisation for acute exacerbation of COPD. Proc Am Thorac Soc 2006;3:A272 |
Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données publiées dans ce texte.
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