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| Épidémiologie |
Le
cancer bronchique du sujet âgé constitue un véritable problème
épidémiologique du fait du vieillissement de la population.
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55%
de tous les cancers surviennent chez le sujet âgé ; lâge
est le facteur de risque majeur de cancer.
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Lincidence du
cancer bronchique dans la population générale quadruple
entre 55-64 ans et > 75 ans.
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Les 2/3 des malades
ayant un cancer bronchique ont plus de 65 ans et cette proportion va
augmenter.
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Lâge modifie le
comportement médical face au cancer bronchique
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taux
de confirmation histologique plus bas, |
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taux
de mise en traitement plus bas à score ECOG égal,
de 79% chez les < 75 ans à 39% chez les > 75
ans. |
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| Diagnostic |
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Il existe un retard
diagnostique important chez la personne âgée dû
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au
malade lui-même
qui consulte moins rapidement son médecin, |
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à lentourage
qui fait moins attention aux signes et aux symptômes
qui sont attribués à lâge
ou à
dautres problèmes médicaux, |
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aux
médecins qui répugnent
aux examens complémentaires, surtout "invasifs",
considérant
labandon comme le standard dans ce type de pathologie. |
Beaucoup
de médecins pensent que, compte tenu de lespérance de vie,
leffort diagnostique et thérapeutique est un trop grand risque
qui peut retentir négativement sur la qualité de vie du sujet âgé. |
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Le stade
du cancer est un point
capital de la décision thérapeutique.
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| Traitement |
Les
patients âgés sont aussi volontaires que les sujets plus jeunes pour
des traitements agressifs à visée curative ou palliative.
Ils sont moins prêts à accepter une toxicité sévère pour un temps de
survie ; ils attachent plus de valeur à leur état de santé actuel
lorsquils envisagent limpact dune toxicité. |
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Le
problème posé par le sujet âgé est le vieillissement
des organes et sa conséquence, la toxicité des
procédures thérapeutiques. |
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Rein : |
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surveiller
plus attentivement la clairance à la créatinine. |
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Cur : |
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le
risque de cardiopathie congestive serait accru chez le sujet âgé traité par
anthracycline. |
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Appareil
digestif : |
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aucune
modification de labsorption des médicaments per os (ex : étoposide) |
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pas
daugmentation du risque de nausées et de vomissements aigus |
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efficacité
égale des anti-émétiques habituels (sétrons, corticoïdes) |
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augmentation
du risque de mucites et doesophagites (association radio-chimio) |
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risque
de dénutrition beaucoup plus important que chez le sujet jeune.  |
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Système
nerveux : |
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augmentation
du risque de polynévrite avec les vinca-alcaloïdes (ex : vincristine) |
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peu
dagents capables de franchir la barrière méningée
peu
deffets centraux |
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augmentation
de loto-toxicité des médicaments. |
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Système
hématopoïétique : |
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augmentation
de la toxicité hématologique portant sur les 3 lignées |
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efficacité
habituelle des facteurs de croissance hématopoïétiques. |
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Poumon : |
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augmentation
du risque de toxicité pulmonaire (ex : bléomycine, méthotrexate)
surtout en cas de radiothérapie thoracique associée. |
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Procédures
thérapeutiques |
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Ce
sont les co-morbidités
et l'état général beaucoup plus que l'âge qui déterminent la tolérance
des traitements |
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Chirurgie |
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Le
taux de résection est plus faible chez les sujets âgés (> 70 ans)
que chez les plus jeunes (10 à 15% vs 20 à 25%). |
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La
mortalité
post-opératoire (< 1 mois après lintervention) augmente avec
- lâge : 1,4% chez les 0-59 ans ; 3% chez les 60-69 ans ;
4% chez les 70-79 ans ; 15 à 18% après 80 ans.
- limportance de lintervention : 1,4% pour une lobectomie ;
5,7% pour une pneumonectomie intérêt
des interventions limitées et/ou chirurgie
vidéo-assistée |
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Ce
risque opératoire doit être comparé à lespérance de vie des
sujets : 14 ans à 70 ans ; 10 ans à 75 ans ; 6 ans à 80
ans. |
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La
survie actuarielle des octogénaires opérés de cancer bronchique en
stade I est de 97%, 78% et 57% à 1, 3 et 5 ans. |
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La
chirurgie ne devrait jamais être réfutée sur la base de lâge,
mais on doit être plus attentif au bilan pré-opératoire, à lindication
des procédures chirurgicales, à la kinésithérapie pré et post-opératoire
et aux éventuelles complications du décubitus. |
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Radiothérapie |
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Dans
certains cas, les effets secondaires aigus dune radiothérapie
peuvent être aussi difficiles à tolérer quune intervention
chirurgicale. |
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Aucun
problème à traiter
par radiothérapie standard à visée curative un patient de 80-85 ans
en bon état général |
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Chimiothérapie |
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Cancer
bronchique à petites cellules : aucune
différence en terme defficacité mais iatrogénèse plus importante à recommander
car efficacité satisfaisante, toxicité faible et réalisation
possible en ambulatoire ou à domicile. |
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Cancer
bronchique non à petites cellules : le standard
thérapeutique demeure la monothérapie par la vinorelbine
qui a montré sa supériorité par rapport aux soins palliatifs seuls,
sans bénéfice
évident d'une bithérapie en association avec la gemcitabine
Résultats de l'étude ELVIS comparant les soins palliatifs
seuls à une monochimiothérapie par vinorelbine chez des
patients âgés de plus de 70 ans
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Soins palliatifs |
Vinorelbine
30 mg/m2 J1 et J8
J1 = J22 |
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RO
RO + Stables |
0%
0% |
19.7%
50% |
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| Survie médiane |
21 semaines |
28 semaines |
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| Survie à 6 mois
Survie à 1 an |
41%
14% |
55%
32% |
p = 0,03 |
Chez des patients en excellent état général
et sans un nombre excessif de co-morbidités, l'efficacité en terme
de réponse et de gain de survie d'une chimiothérapie à base de cisplatine
est identique à ceux obtenus chez des patients plus jeunes, au prix
cependant d'une toxicité hématologique accrue.
Le nombre d'arrêts thérapeutiques pour toxicité apparaît plus fréquent
avec les schémas à base de cisplatine comparés au carboplatine.
Chez des patients âgés de plus de 70 ans avec un état général conservé, il
semble raisonnable d'utiliser :
soit
une monothérapie active (vinorelbine, gemcitabine, taxane)
soit
une association comportant du carboplatine plutôt que du cisplatine,
en tenant compte de la majoration prévisible de la toxicité hématologique. |
Tous
ces résultats ont été obtenus à partir de groupes de malades sélectionnés
; il faut être prudent dans leur interprétation
et dans leur extrapolation à la pratique. |
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Prise
en charge générale |
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La
douleur |
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On
doit préférer des médicaments à courte durée de vie, commencer avec
de faibles doses,
être attentif aux effets additifs et si possible prescrire médicaments
par médicaments. |
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La
dépression |
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Elle
est fréquente chez le sujet âgé et sa prise en charge ne doit pas être
confondue avec celle de la douleur. |
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La
nutrition |
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Le
maintien dune bonne nutrition est essentiel. |
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Le
maintien à domicile |
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Il
est lun des éléments de la qualité de vie du sujet âgé ; beaucoup
de traitement peuvent être administrés à la maison. |
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Conclusion |
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Dun
point de vue éthique, les choix thérapeutiques, y compris labstention,
doivent être discutés.
Une décision optimale, chez le sujet âgé, implique une bonne compréhension
de lespérance de vie et une évaluation complète de létat
clinique car lâge induit des modifications physiques, cognitives, émotionnelles,
sociales et économiques difficilement prévisibles du seul point de vue
de la chronologie.
La consultation interdisciplinaire est
tout particulièrement indiquée pour les sujets âgés.
La qualité de vie est un point clé dans la prise en charge du sujet âgé. |
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