Pathologie respiratoire du sommeil Le syndrome des apnées/hypopnées du
sommeil
Syndrome d'apnées/hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS)
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| Créé le 07/07/2000 |
Auteur : A. Taytard |
(Mis à jour le 04/12/2011) |
| Révisé le 30/04/2008 |
JC. Meurice |
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APNÉE OBSTRUCTIVE =
interruption du flux aérien avec persistance des mouvements respiratoires
thoraco-abdominaux
HYPOPNEES
= réduction du flux aérien de plus de 50 %, ou inférieur à 30
%
mais associée à une désaturation ou à un micro éveil
Le SAHOS se définit par une fréquence d’apnées et d’hypopnées
supérieure à 5 – 10 /h
Le plus fréquent
Obésité ou surcharge pondérale
Physiopathologie
Le SAOS est rapporté à une réduction du calibre des voies aériennes supérieures pendant le sommeil ; cette réduction est attribuée à
réduction anatomique de la filière respiratoire (excès de tissu adipeux, accumulation de liquide pendant le sommeil)
diminution du tonus des muscles dilatateurs
Réf
:
Peppard PE. et al :
Prospective study of the association between sleep-disordered breathing and hypertension.
N Eng J Med 2000;342:1378-84 |
Score
de somnolence d'EPWORTH
Il a l'avantage d'être simple.
Il a l'inconvénient d'être soumis à la mauvaise perception que peut avoir le
malade de son état.
Il est intéressant pour juger de l’évolution de la somnolence diurne
sous traitement, pour un patient donné.
Il existe des tests objectifs
plus
difficiles à réaliser : tests itératifs de délai d'endormissement (multiple
sleep
latency
test),
test de maintien d'éveil ("maintenance of wakefullness test"),
test
d'Osler.
| Si on observe |
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Cyanose |
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Hypoventilation
alvéolaire |
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Insuffisance
cardiaque droite ... sans maladie respiratoire |
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pathologie respiratoire différente
(BPCO, Syndrome d’obésité –
hypoventilation) éventuellement associée à un SAHOS |
"Qu'en termes élégants ces choses-là sont dites"

Diagnostics différentiels
Insomnie
Hypersomnie
narcolepsie
hypersomnie
idiopathique
hypersomnies
récurrentes
Syndrome
d'impatience et de mouvements périodiques des membres
Parasomnie
(somnambulisme, terreurs nocturnes)
Troubles
du rythme circadien
retard
de phase : impossibilité de s'endormir avant 2h du matin,
avance
de phase : endormissement très précoce, réveil dans la nuit
Co-morbidités
Syndrome métabolique ; il semble être amélioré lorsque les apnées sont traitées (Sharma, 2011)
Réf :
Sharma SK, Agrawal S, Damodaran D, Sreenivas V, Kadhiravan T, Lakshmy R, Jagia P, Kumar A. CPAP for the metabolic syndrome in patients with obstructive sleep apnea. N Engl J Med 2011;365:2277-86 |
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Diagnostic |
| L'enregistrement
polysomnographique (PSG) est l'examen de référence. |
| Il permet de : |
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analyser
l'architecture du sommeil, |
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mesurer le nombre
et la durée des micro-éveils, |
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mesurer le nombre,
la durée et le type (central ou obstructif) des apnées et hypopnées définition
de l'index d'apnées/hypopnées (AHI) ; mais cet index est mal corrélé
avec l'hypersomnolence diurne, augmente avec l'âge et ne prédit pas la morbi-mortalité à court et long terme, |
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mesurer
l'importance et la fréquence de la chute de la saturation en oxygène (temps
passé en
dessous de 90 % de saturation ou 4 % de désaturation), |
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analyser les
troubles du rythme et de la fréquence cardiaque. |
| Mais
c'est un examen lourd, contraignant pour le malade et long à interpréter
pour le médecin. |
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| Indications :
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Confirmer le
diagnostic et mesurer la sévérité d'un SAS |
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Nécessaire si |
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l'index
d'apnée et d'hypopnée, mesuré par une polygraphie ventilatoire ne comportant
pas les enregistrements électro-encéphalographique, électro-myographique,
et électro-oculographique est inférieur à 30/h et en discordance avec la
symptomatologie clinique, ou en cas de doute sur l'existence d'une autre
pathologie du sommeil |
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Inutile, par contre si |
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ronflement
en apparence isolé ou obésité, sans autre symptôme, |
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index
d'apnée et d'hypopnée, mesuré par une polygraphie simplifiée,
supérieur à 30/h |
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Des systèmes portables (polygraphie
ventilatoire [PV] ou PSG) ont été développés
pour pallier les inconvénients de la polysomnographie
au laboratoire. |
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| Les
systèmes
portables ont 2 intérêts : |
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monitorage
thérapeutique permettant de sassurer de lefficacité du traitement
par PPC |
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diagnostic positif
remplaçant la PSG au laboratoire de sommeil : quantification des apnées/hypopnées
en
les
rapportant
au temps
total de sommeil (PSG) ou au temps total d'enregistrement (répondre aux exigences
de
la prise en charge). |
Pour
dépister
les apnées obstructives seuls les mouvements respiratoires et le débit oro-nasal
sont
nécessaires en association avec l'oxymétrie nocturne.
Avantage :
étudier le patient dans son milieu de vie, dans son propre lit.
La
polygraphie ventilatoire peut aussi être utile dans les circonstances suivantes
:
Broncho-pneumopathie
chronique obstructive avec |
-
hypertension artérielle pulmonaire, insuffisance cardiaque droite, polyglobulie
malgré une PaO2 > 60mmHg |
Syndrome
obésité-hypoventilation alvéolaire (hypoxémie-hypercapnie) avec ou sans
retentissement cardiaque droit, en particulier lorsqu'existent des signes
cliniques évocateurs d'apnées : somnolence diurne, asthénie, perturbations
du sommeil, céphalées matinales |
Hypoventilation
alvéolaire de type central
- PaCO2 > 45mmHg, polyglobulie,
hypertension artérielle pulmonaire, et les signes évocateurs d'apnées : somnolence
diurne, asthénie, perturbations du sommeil, céphalées matinales |
Réf :
Listro
G et al. Diagnostic des troubles respiratoires nocturnes. Revue des
systèmes portables de dépistage. Analyse et critique des différents signaux
polysomnographiques. Rev Mal Respir 1998;15:733-41
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Traitement du
SAHOS
Bilan préalable
- Démonstration de l'altération de la vigilance par un outil
validé (échelle d'Epworth)
- Recherche de comorbidités cardio-vasculaires et métaboliques
- Enregistrement diagnostique au cours du sommeil
- Proposition de traitement par PPC si IAH > 30
- Bilan morphologique avec : examen ORL comprenant naso-pharyngoscopie (éventuellement
associé à une céphalométrie)
- Confrontation médico-chirurgicale et si possible psychologique
- Information du malade
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Médical |
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Mesures générales : |
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"Hygiène de nuit" = supprimer
sédatifs, hypnotiques, alcool |
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Amaigrissement (indications pour chirurgie
bariatrique si IMC > 40 kg/m2) |
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Traitement positionnel
afin d’éviter
le décubitus dorsal |
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Traitement
d'une affection endocrinienne associée (acromégalie, hypothyroidie) |
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Bas de contention chez les sujets avec insuffisance veineuse (Redolfi, 2011) |
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Pression Positive Continue par
voie nasale : +++ |
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Traitement
le plus efficace |
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Education
nécessaire |
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Utilisation en mode constant
(Pression efficace constante réglée sur la disparition des apnées, des
hypopnées et des ronflements) ou en mode autopiloté permettant
des variations spontanées du niveau de pression en fonction de la
présence des troubles respiratoires nocturnes)
Utilisation régulière toutes les nuits au minimum 5 à 6
h par nuit
L'arrêt du traitement conduit à la réapparition du SAOS et de la somnolence en quelques jours (Kohler, 2011) |
Réf :
Kohler M, Stoewhas AC, Ayers L, Senn O, Bloch KE, Russi EW, Stradling JR. The effects of CPAP therapy withdrawal in patients with obstructive sleep apnea: a randomised controlled trial. Am J Respir Crit Care Med 2011;Aug 11:[Epub ahead of print]
Redolfi S, Arnulf I, Pottier M, Lajou J, Koskas I et al. Attenuation of obstructive sleep apnea by compression stockings in subjects with venous insufficiency. Am J Respir Crit Care Med 2011;184:1062-6 |
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Médicaments : |
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Pas de médicament
efficace |
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Orthèses d’avancement mandibulaire |
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Efficacité reconnue sur la somnolence diurne subjective chez certains patients.
Elles peuvent être recommandées
en première intention en cas de SAOS modérés : IAH < 30 et somnolence diurne légère à modérée
en seconde intention en cas de SAOS sévère : IAH ≥ 30 ou IAH < 30 et somnolence diurne sévère sans autre cause après abandon du traitement par PPC.
Nécessité d’une sélection
des patients.
Degré d’avancée mandibulaire contrôlé pour
efficacité et tolérance |
Réf
:
Lim J, Lasserson TJ, Fletham J, Wright J. Oral applance for obstructive sleep apnea. Cochrane Database Syst Rev. 2003
Petitjean T. et al.
Orthèses d'avancement mandibulaires utilisées comme traitement du
syndrome d'apnée obstructive du sommeil. Rev Mal Respir 2000;17:3S69-3S79 |
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| Chirurgical |
| Indications très prudentes +++ |
Soit résection d'un site obstructif évident : (hypertrophie
amygdalienne ++) |
Soit UVULO-PALATO-PHARYNGO-PLASTIE |
| principe = exérèse du
tissu vélo-pharyngé en excès |
| indications prudentes |
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Autres traitements
Stimulation de l'hypoglosse
Réf :
Eastwood PR, Barnes M, Walsh JH, Maddison KJ, Hee G, et al. Treating obstructive sleep apnea with hypoglossal nerve stimulation. Sleep 2011;34:1479-86
Schwartz AR, Barnes M, Hillman D, Malhotra A, Kezirian E, et al. Acute Upper Airway Responses to Hypoglossal Nerve Stimulation During Sleep in Obstructive Sleep Apnea. Am J Respir Crit Care Med 2011;Dec 1.:[Epub ahead of print] |
A lire
- Syndrome
d'apnées obstructives du sommeil - A.
Taytard, 1999
- Actualité du
diagnostic et du traitement du syndrome d'apnées obstructives du sommeil
- JC. Meurice, 2000
Conflits d’intérêts : les auteurs n’ont pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données publiées dans ce texte.
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