Asthme |
| Créé le 30/11/1997 |
Auteur : A. Taytard |
(Mis à jour le 16/12/2007) |
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Sommaire
L'asthme appartient au champ des maladies
broncho-pulmonaires obstructives
L'asthme est caractérisé par une obstruction
bronchique réversible et une hyper-réactivité bronchique, mais les aspects
cliniques et la réponse au traitement sont variables. Ces phénotypes
représentent les effets visibles de l'interaction entre la base génétique de
l'individu et
son environnement.
Asthme :
définition générale
L'asthme est une maladie
chronique inflammatoire des voies aériennes.
Cette inflammation :
rend
les voies aériennes sensibles (hyper
réactives) à des stimuli
tels que les allergènes, les irritants chimiques, la fumée de tabac,
l'air froid ou l'exercice,
provoque des épisodes récidivants de toux, sifflements, difficultés
respiratoires.
Quand elles sont exposées à ces stimuli les voies aériennes peuvent se contracter, s'œdématier, se remplir
de mucus et
progressivement se remodeler.
L'obstruction bronchique qui
en résulte est réversible soit
spontanément, soit avec un traitement.
Asthme
: phénotypes
On distingue 3 grands types de phénotypes
cliniques :
sévérité, sensibilité aux traitements...
liés
aux facteurs déclenchants : allergique, exercice...
inflammatoires
: éosinophiles, neutrophiles...
Asthme
: définition anatomo-pathologique
Lobstruction bronchique est due à 3
phénomènes qui interviennent à des degrés divers en
fonction du type de la crise et de la sévérité de l'asthme
la bronchoconstriction, liée à la
contraction des muscles lisses bronchiques, de survenue rapide, de
durée habituellement brève, et traitée par les bronchodilatateurs
ldème inflammatoire de
la muqueuse bronchique, de survenue plus lente, de durée plus longue,
et traitée par les anti-inflammatoires stéroïdiens
lhypersécrétion bronchique
dun mucus épais, de survenue plus lente, de durée plus longue,
et pour laquelle on ne dispose pas, actuellement, de traitement régulièrement
efficace.
Avec le temps, on assiste à un remodelage des
bronches.
Asthme
: remodelage bronchique
Il se traduit par
des zones sans épithélium dans les voies aériennes
des dépôts dans la matrice cellulaire
une métaplasie muqueuse
une augmentation de la masse musculaire lisse
une augmentation de la surface des vaisseaux sanguins des voies aériennes
un recrutement de cellules inflammatoires
Asthme :
aspects génétiques
Ils s'envisagent sous 3 aspects
l'asthme
lui-même
l'atopie
la
pharmacogénétique
Asthme
Définition fonctionnelle respiratoire |
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Basée sur |
HYPER-REACTIVITE
BRONCHIQUE
Elle traduit la capacité qu'ont les bronches de certaines personnes de réagir plus
précocement et plus fortement lorsqu'elles
sont stimulées. |
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Traduite par |
VARIABILITE
DES DEBITS BRONCHIQUES
Comme toutes les fonctions de l'organisme, les débits bronchiques suivent
des rythmes biologiques. Ils atteignent
leur
maximum entre 12 et 15 heures
leur
minimum entre 04 et 06 heures du matin.
La différence entre le débit le plus haut et le
débit le plus bas
chez
le sujet normal : environ 5%
chez
l'asthmatique : jusqu'à 30% |
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Pouvant conduire à |
SYNDROME OBSTRUCTIF BRONCHIQUE |
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| aigu
|
: |
CRISE (standard, soudaine
et grave...) |
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EXACERBATION
Période de dégradation
progressive,
sur quelques jours, pouvant durer quelques jours à quelques semaines,
d'un ou plusieurs signes cliniques ainsi que des paramètres fonctionnels
d'obstruction bronchique.
Elle ne doit pas être confondue avec un asthme
mal contrôlé
|
chronique |
: |
PERMANENT
INTER CRITIQUE
syndrome obstructif permanent intercritique |
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et |
TROUBLE DES ÉCHANGES GAZEUX |
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aigu |
: |
CRISE
Elle va des gaz du sang normaux à l'hypoxémie accompagnée
d'une fausse
normocapnie (hypercapnie relative) qui traduit la disparition de l'hyperventilation.
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ASTHME
AIGU GRAVE qui se définit par l'apparition de l'hypercapnie |
chronique |
: |
ASTHME
A DYSPNÉE CONTINUE avec hypoxémie persistante intercritique. |
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Asthme
au quotidien
Lasthmatique peut
se trouver dans 3 situations
cliniques et fonctionnelles différentes (critique : crise
; post-critique ; intercritique).
Pour apprécier la sévérité dun
asthme au
quotidien, il faudra donc
connaître
la fréquence et la sévérité des
crises,
connaître
la qualité clinique
et fonctionnelle respiratoire de létat
stable (intercritique).
La prise en charge de l'asthme se fait donc en 2 temps
évaluer
la sévérité pour initier le traitement
surveiller
le contrôle pour ajuster le traitement
en prenant en compte la qualité de la réponse aux traitements proposés.
En
savoir plus...
Les différentes manifestations de l'asthme peuvent être liées
à des types d'inflammation différents et variables dans le temps.
Asthme
allergique
Première inhalation du pneumallergène première
réponse : sensibilisation
Nouvelle inhalation du pneumallergène + rencontre
de l'allergène
et des récepteurs IgE spécifiques fixés sur les mastocytes Réponse
inflammatoire allergique immédiate par activation des
mastocytes et libération des médiateurs (préformés et néo-formés) crise
d'asthme
Asthme non-éosinophilique
Retrouvé chez 25% des asthmatiques
adultes, chez les patients avec un asthme professionnel et chez 50% des asthmatiques
nécessitant de fortes doses de corticothérapie inhalée.
Inflammation à neutrophiles observée après stimulation
virale, bactérienne, par endotoxines,
sérum salé hypertonique, ozone, fumée de cigarette, irritants
professionnels et autres polluants.
Engage l'immunité innée et
conduit à une réponse TNFa et IL-8.
Peut expliquer la résistance à la corticothérapie et l'effet
d'anti-TNFa (etanercept) chez certains asthmatiques.
Réf :
Berry M, Morgan A, Shaw DE, Parker D, Green R, Brightling C, Bradding P,
Wardlaw AJ, Pavord ID. Pathological features and inhaled corticosteroid
response of eosinophilic and non-eosinophilic asthma. Thorax 2007;62:1043-9
Gibson PG,
Simpson JL, Saltos N. Heterogeneity of airway inflammation in persistent
asthma: evidence of neutrophilic inflammation and increased
sputum interleukin-8. Chest 2001;119:1329-36
Pedersen B,
Dahl R, Karlström R, Peterson CGB, Venge P. Eosinophil
and neutrophil activity in asthma in a one-year trial with inhaled budesonide.
Am J Respir Crit Care Med 1996;153:1519-29
Simpson JL, Grissell TV, Douwes J, Scott RJ, Boyle MJ, Gibson PG. Innate immune
activation in neutrophilic asthma and bronchiectasis. Thorax 2007;62:211-8
Wenzel SE,
Schwartz LB, Langmack EL, Halliday JL, Trudeau JB, Gibbs RL, Chu
HW. Evidence that severe asthma can be divided pathologically
into two inflammatory subtypes with distinct physiologic and clinical
characteristics. Am J Respir Crit Care Med 1999;160:1001-8
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Chez l’enfant :
environ 50% des enfants asthmatiques voient leur asthme disparaître à la
puberté ; en fait, la majorité de ces asthmes disparaît
vers l'âge de 7 à 8 ans. |
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Chez l’adolescent et l’adulte jeune (13-44 ans) : les ¾ des
adolescents asthmatiques qui ont peu de symptômes restent dans la même
situation ou voient disparaître leur asthme à l’âge adulte ; à l’inverse
70% de ceux qui ont un asthme permanent restent asthmatiques à l’âge
adulte. |
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Au delà : le taux de guérison diminue avec l'âge pour atteindre moins de 1 %
par an, plutôt chez ceux qui ont un asthme léger et qui ont arrêté de
fumer. |
En savoir plus ...
Physio-pathologie de la crise
d'asthme
1/ obstruction bronchique
2/ distension thoracique
3/ augmentation de la post-charge du ventricule droit
4/ augmentation des variations de pression intra-thoracique :
à l'expiration,
diminution du retour veineux avec
l'augmentation de la pression intra-thoracique
à l'inspiration, augmentation du retour veineux et du
remplissage ventriculaire droit induisant une diminution du remplissages du
ventricule gauche
pouls paradoxal : variation importante de la pression systolique en fonction du
cycle respiratoire
Evolution
On distingue 2 types d'évolution
Type
1 : progression lente (> 6h ; habituellement sur plusieurs jours) ; 80-90%
des cas ; souvent d'origine infectieuse (voies aériennes supérieures) ;
réponse progressive au traitement ; inflammation dominante.
Type
2 : progression rapide (< 6h) ; 10-20% des cas ; souvent d'origine allergique
; souvent sévère ; réponse rapide au traitement ; bronchospasme dominant.
Crise
d'asthme simple (légère à modérée)
Signes cliniques
| TOUX SÈCHE |
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| ESSOUFFLEMENT |
PAROXYSTIQUE |
| SIFFLEMENTS |
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Déroulement habituel de la crise
| TOUX SÈCHE |
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DYSPNÉE
SIBILANTE |
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TOUX GRASSE |
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EXPECTORATION (PERLEE) |
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FIN DE LA CRISE |
La crise peut s'arrêter à chacune de ces étapes.
C'est pourquoi la toux sèche, quinteuse, paroxystique
peut être une crise d'asthme.
Facteurs de risque d'asthme aigu grave et de mort par asthme
Critères
d'hospitalisation d'urgence
Vie menacée ; signes d'insuffisance respiratoire aiguë
Crise sévère qui persiste après le traitement initial
Débit de pointe toujours < 40% 15 à 30mn après l'inhalation ou l'injection
de ß2-agonistes
Co-morbidités avec risque de décompensation (IRC ; insuffisance cardiaque
; pneumothorax ; ...)
Conduite diagnostique
Diagnostic positif
A/ La reconnaître Retrouver
de la Toux sèche à la Dyspnée sibilante
B/ Évaluer la gravité (clinique, débit-métrie, gazométrie)
C/ Rechercher un facteur déclenchant/aggravant de la crise (clinique,
radiologie, biologie)
Diagnostic
différentiel
La question se pose surtout devant la première apparition
d'une manifestation évoquant une crise d'asthme.
A/ Dyspnées paroxystiques non bronchiques
OAP
(Asthme cardiaque)
Embolie pulmonaire
Pathologie des
cordes vocales
Anxiété
B/ Dyspnées bronchiques avec paroxysmes possibles
Obstruction
localisée
corps étrangers
intra-bronchiques
compressions
et tumeurs trachéales
sténose
post-chirurgicale
Obstruction
diffuse
bronchite
aiguë, bronchiolite (enfants)
exacerbation
de bronchite chronique
dilatation
des bronches (DDB)
bronchiolite
oblitérante
mucoviscidose
...
Il
peut y avoir des co-morbidités chez un asthmatique
Quelques
règles pratiques
Au
total : crises d'asthme : classes de gravité clinique
Asthme
Asthme à l'état stable |
Le diagnostic doit être
évoqué
devant les symptômes : questions
clés
étayé
par les examens complémentaires
Examen clinique
Habituellement
normal en état stable mais des sibilants sont possibles, non perçus par le malade.
On
recherche les conséquences d'une obstruction chronique.
On
examine les voies aériennes supérieures.
Bilan
complémentaire
| 1/
|
Il se fait sur un malade en
état stable
|
| |
| 2/ |
Il
doit répondre à 4 questions |
|
S'agit-il d'un asthme (si le malade n'a jamais été vu en
crise ; s'il s'agit d'une toux) ? |
| |
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LA MESURE DE L'HYPER-REACTIVITE BRONCHIQUE |
|
Y a-t-il des
lésions bronchiques intercritiques ? |
| |
|
LA MESURE DES DÉBITS BRONCHIQUES |
|
Sont-elles
réversibles ? |
| |
|
LA VÉRIFICATION DE LA RÉVERSIBILITÉ
DES DÉBITS BRONCHIQUES |
|
Quels sont les
facteurs d'entretien ou d'aggravation ? |
| |
|
LA
RECHERCHE DES FACTEURS D'APPARITION DES
CRISES ET D'ENTRETIEN DE LA MALADIE |
| |
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| 3/ |
Autres
examens nécessaires lors du premier bilan |
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Imagerie
: poumon normal ou distendu ; exclut d'autres diagnostics |
| |
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Bilan
allergologique : voir recherche des facteurs d'entretien et
d'aggravation |
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|
| 4/ |
Au
total |
Classes de sévérité clinique en état stable
La sévérité est
évaluée
sur
une période prolongée (6-12 mois)
par
les symptômes avant traitement
et/ou
par la charge médicamenteuse minimale nécessaire à l'obtention d'un contrôle
durable de l'asthme

Cas particuliers :
"cough variant asthma" ou toux équivalent d'asthme : concept
discuté qui doit mener à une recherche d'HRB et/ou à un test thérapeutique
par bronchodilatateurs
"brittle
asthma" : asthme avec de larges
variations
du débit
expiratoire de
pointe (> 40%)
pendant plus de 50% du temps (sur une période de 3 mois) malgré un traitement
médical maximal.
asthme difficile/malade difficile à traiter
asthme
sévère : encore appelé asthme réfractaire ou asthme
difficile ; asthme mal contrôlé malgré un ré-examen attentif
du diagnostic, une prise en charge et une
observation par un spécialiste de l'asthme pendant au moins 6 mois.
asthme résistant à la cortisone
résistance
à la corticothérapie inhalée
résistance à la
corticothérapie systémique
Asthme mal contrôlé malgré de fortes doses quotidiennes de corticoïdes per
os.
Facteurs
d'entretien et d'aggravation
Les facteurs d'entretien et d'aggravation sont nombreux. On doit être
particulièrement attentif à 2 d'entre eux
les allergènes,
du fait de leur fréquence
les facteurs professionnels,
du fait de leurs implications médico-sociales
Il est recommandé de
interroger
tous les patients asthmatiques quant à la relation chronologique entre leurs
symptômes et l'exposition professionnelle, en particulier chez
les sujets exposés à un agent connu comme responsable d'asthme professionnel
(A)
rechercher
de façon approfondie une origine professionnelle chez un asthmatique exerçant
une profession à haut risque : professions de nettoyage, agricoles,
boulangers, peintres, coiffeurs, professionnels de santé, soudeurs (B).
Traitement
: objectifs
Globalement, 2 objectifs
réduire l'impact de la maladie : symptômes, fonction
respiratoire, activité
réduire les risques : exacerbations, déclin fonctionnel, effets secondaires
des médicaments
dans la crise : en
sortir, et le plus vite possible
en phase post-critique : normaliser
l'état clinique et fonctionnel
respiratoire
à l'état stable : mener
une vie normale
Traitement : cibles
la
bronche, toujours
puisque c'est son obstruction qui crée la gène respiratoire
l'hématose,
en complément
du traitement bronchique, chaque fois que c'est nécessaire
les
facteurs d'entretien et d'aggravation
Traitement : principes
La molécule est choisie en fonction
de la physiopathologie du trouble traité
La présentation est choisie
en fonction du malade et de la situation
Asthme
Traitements médicamenteux |
...
dans la crise simple
Bronchodilatateurs, plutôt par voie inhalée
...
dans la crise sévère
Bronchodilatateurs par la voie la plus appropriée (locale, générale)
Corticoïes systémiques
... dans la phase
post-critique
Bronchodilatateurs, plutôt par voie inhalée
Corticoïdes plutôt par voie systémique pendant une courte période
... dans l'état stable
Bronchodilatateurs longue action et d'action rapide
Anti-inflammatoires bronchiques (corticoïdes inhalés ou anti-leucotriènes selon
la situation)
Asthme
Stratégies de prise en charge |
Crise d'asthme à domicile : stratégie de prise en charge
Crise
d'asthme sévère : stratégie de prise en charge
Asthme
à l'état stable : stratégie
thérapeutique de fond
Autres
stratégies thérapeutiques
Elles sont nombreuses ; elles sont utilisées quelquefois pour "économiser"
de la corticothérapie systémique, pour compléter un traitement maximal insuffisant
; elles ne peuvent pas remplacer les traitements recommandés.
Comparaison
Asthme-BPCO
Asthme
Prise en charge des facteurs d'entretien et d'aggravation |
La réduction de l'exposition aux facteurs de risque est multiple
; une seule intervention est généralement inefficace.
Asthme
Au total : prise en charge
|
1/ les médicaments
2/ l'éducation, à tous les moments de la prise en charge
3/ le contrôle de l'environnement
4/ le contrôle des co-morbidités, sans oublier la dépression souvent présente
et qui modifie la perception de la maladie et de son traitement.
Asthme
Suivi du traitement de fond de l'asthme / contrôle |
3 éléments sont à prendre en compte
la
gravité, qui apprécie un évènement aigu : crise ou exacerbation (cf supra)
la
sévérité, qui prend en compte l'histoire de la
maladie sur une période prolongée (6 à 12 mois) ; elle peut se définir simplement
par le niveau de pression thérapeutique
minimale nécessaire à l'obtention d'un contrôle durable de l'asthme
le
contrôle de l'asthme, qui apprécie l'activité de la maladie sur
quelques semaines (1 semaine à 3 mois) : évènements respiratoires cliniques
et fonctionnels,
retentissement.
Contrôler
a 2 significations complémentaires
surveiller
maitriser
qui se traduisent
pour
le malade : disparition de la gène
pour
le médecin généraliste : ne plus être dérangé en urgence
pour
le pneumologue : assurer la meilleure fonction respiratoire possible
pour
les parents : bonnes nuits et pas d'absentéisme scolaire de leur enfant
pour
le payeur : minimisation des coûts
Le suivi a pour objectifs de
vérifier
l'efficacité des traitements, la tolérance et l'observance, et
adapter les traitements selon le contrôle de l'asthme
vérifier
la bonne utilisation des dispositifs d'inhalation
rechercher
et traiter les facteurs aggravants et les pathologies associées
poursuivre
l'éducation thérapeutique
Le contrôle de l'asthme peut avoir
plusieurs objectifs :
médical :
clinique, fonction, biologie, marqueurs physiologiques
humain :
qualité de vie, satisfaction
économique
:
coût pour le patient, la société, le système de soin, le travail
La perspective d'où on se place pour évaluer le contrôle
de l'asthme est un facteur capital ; il diffère selon qu'on est le
patient, le médecin, l'industriel ou le payeur.
Critères de surveillance d'un asthme
clinique/qualité de
vie
scores
symptomatiques, consommation de soins (bronchodilatateurs, visites aux urgences,
hospitalisations), exacerbations
fonctionnels :
DEP
:
à
réaliser lors des consultations de suivi
à proposer à domicile
aux
patients à risque d'asthme aigu grave ou de mort par asthme<
aux
patients "mauvais percepteurs" de leur obstruction bronchique<
en
prévision d'une période à risque (saison pollinique)
pendant
les périodes de contrôle non acceptable de l'asthme
au
moment des modifications thérapeutiques
Il n'y a pas de démonstration qu'un suivi et un plan d'action basés sur le DEP
soient plus efficaces qu'un suivi et un plan d'action basés sur les symptômes.
VEMS
: mesuré après bronchodilatateur et rapporté à la valeur théorique
HRB :
non recommandée systématiquement ; relève du spécialiste
biologiques
éosinophiles
sanguins ou dans l'expectoration, NO exhalé ; non recommandés dans le suivi
habituel
imagerie thoracique
(hors diagnostic initial)
indiquée
uniquement s'il y a modifications des symptômes (niveau B) : signes thoraciques
localisés ; fièvre ou hyperleucocytose
; mise en jeu du pronostic vital ; absence de réponse à un traitement adéquat
; suspicion de complications (pneumothorax, pneumonie).
La TDM thoracique dans l'asthme n'est intéressante que
- pour rechercher des bronchectasies (aspergillose
broncho-pulmonaire allergique ou asthme hypersécrétant)
- en cas de suspicion clinique de pneumothorax ou pneumomédiastin non
visibles sur la radiographie thoracique.
La plupart de ces mesures ne sont pas corrélées entre elles et reflètent
différentes expressions de la maladie.
Questionnaires de contrôle de l'asthme
Réf :
Shaw DE, Berry MA, Thomas M, Green RH, Brightling CE, Wardlaw AJ, Pavord
ID. The use of exhaled intric oxide to guide asthma management - A randomized
controlled trial. Am J Respir Crit Care Med 2007;176:231-7
Smith AD, Cowan JO, Brassett KP, Herbison GP, Taylor DR. Use of exhaled nitric
oxide measurements to guide treatment in chronic asthma. N Eng J
Med 2005;352:2163-73
|
Tolérance des traitements
b2-agonistes en
traitement de fond : aucune surveillance spécifique mais
leur utilisation prolongée et régulière peut diminuer leur
efficacité
anticholinergiques en traitement de fond : aucune surveillance spécifique
théophylline :
marge thérapeutique étroite, interactions et effets secondaires fréquents :
surveillance clinique ; théophyllinémie si problème
corticothérapie
inhalée : rechercher les effets secondaires locaux (candidose buccale, dysphonie)
et
dermatologiques
;
surveiller la croissance chez l'enfant et l'adolescent ;
en cas d'antécédents
ou de risque de cataracte ou de glaucome, consultation ophtalmologique
en cas d'asthénie inexpliquée chez un malade prenant une corticothérapie à forte
dose au long cours,
rechercher
une
insuffisance
surrénalienne
ou
un
syndrome de Cushing
corticothérapie
per os : surveillance des effets secondaires potentiels
anti-leucotriènes :
aucune surveillance spécifique
Observance des traitements
interrogatoires
réguliers
carnet
de suivi
rapprocher
les consultations
Adaptation de la stratégie
Le traitement s'adapte en
fonction de 2 éléments principaux
le
degré de contrôle de l'asthme
le
traitement de fond en cours
Situation 1 : contrôle
inacceptable de l'asthme
vérifier
qu'il
s'agit bien d'un asthme
que
l'observance est bonne
que
la technique d'utilisation des dispositifs d'inhalation est correcte
rechercher et traiter
les
facteurs aggravants
les
pathologies associées
les
formes cliniques particulières : aspergillose
allergique, maladie de Churg et Strauss
passer au palier de traitement supérieur selon les recommandations
Situation 2 : contrôle
acceptable de l'asthme
rechercher le traitement
minimal efficace (recommandations d'experts)
paliers
de 3 mois
paliers
de corticothérapie inhalée de 25-50%
Calendrier du suivi
contrôle
acceptable ou optimal
| Sévérité |
Clinique |
DEP |
EFR |
intermittent
(pas de ttt de fond)
|
1/an |
1/an |
si
possible 1/an |
permanent
léger à modéré
(CSI
dose faible à moyenne) |
2/an |
2/an |
1/an |
permanent
sévère
(CSI forte dose)
|
tous
les 3 à 6 mois |
|
tous
les 3 à 6 mois |
Réf :
ANAES.
Recommandations pour le suivi médical des patients asthmatiques adultes
et adolescents. septembre 2004
Haute
Autorité de Santé. Insuffisance respiratoire chronique grave secondaire à
un asthme. Octobre 2006 |
Asthme
Questions clés quand un asthmatique ne s'améliore pas ou s'aggrave |
Y a
t-il un problème denvironnement domestique ou professionnel ?
Le traitement
est il adapté au cas du malade ?
Le malade
utilise t-il correctement ses aérosols ?
Léducation
a t-elle été faite ?
Le malade est il
observant ?
Le malade est il
un mauvais percepteur de lobstruction bronchique ?
Y a t-il autre
chose que lasthme ?
|
Réf :
Berlow BA et al. Eight key
questions to ask when your patient with asthma doesnt get better. Am Fam Physician
January 1997;183-9
|
Cas
particuliers
 |
1- Éviction
2- Désensibilisation
3- Recommandations |
A lire
- Imagerie de l’asthme
- Prise en charge de la crise
dasthme de ladulte
|