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D1-Signes de gravité des affections respiratoires aiguës

Créé le 20/02/2008 Auteurs : A. Demoule, J. Gonzalez-Bermejo, A. Duguet, T. Similowski
pour le Collège des Enseignants de Pneumologie
(Mis à jour le 20/02/2008)
     
     

Préambule

La recherche de signes de gravité est une étape primordiale de l'examen clinique respiratoire. En effet, porter le diagnostic de "gravité" a une implication directe quant à la prise en charge des patients puisque, dans de nombreux cas, cela implique la mise en place sans délai d'une mesure thérapeutique qui prime alors sur la démarche diagnostique. Il peut s'agir par exemple de l'administration d'oxygène ou d'une décision de transfert en réanimation ou en unité de soins intensifs respiratoires. Il importe ainsi de se poser systématiquement la question de la gravité lorsque l'on est confronté à un patient souffrant d'une anomalie clinique respiratoire, et bien entendu de se la poser tout à fait au début du bilan clinique.
Les signes cliniques de gravité des affections respiratoires aiguës concernent l'appareil respiratoire, l'appareil cardio-vasculaire, et l'appareil neurologique. Ils sont peu nombreux et simples à identifier : un bilan sémiologique de gravité ne prend donc que très peu de temps, et avec l'expérience un premier débrouillage se fait en général d'un simple "coup d'oeil". La "rentabilité" du bilan clinique de gravité est donc extrêmement élevée : peu de temps, pas d'argent, et de fortes implications pratiques (figure 1).

Les enjeux sont majeurs à court terme. En effet, la présence de signes de gravité au cours d'une affection respiratoire peut témoigner de la défaillance de la fonction "échanges" du poumon. L'hypoxémie qui en résulte peut conduire à une diminution du contenu artériel en oxygène avec l'hypoxie tissulaire et la souffrance viscérale correspondante. Le risque principal est ici l'arrêt cardiaque hypoxique. Les signes de gravité peuvent aussi témoigner de la défaillance de la fonction "pompe" de l'appareil respiratoire, marquée par une hypercapnie responsable d'une acidose ventilatoire. Le risque principal est ici de nature neurologique, troubles de la vigilance et coma. Il est clair que les deux phénomènes peuvent se conjuguer.

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